L’équilibre des Dieux
Il est des mythes qui traversent les époques, car ils parlent directement à ce que nous avons de plus intime. L’histoire d’Eros et Psyché est de celles-ci.
C’est sans doute la plus belle histoire d’amour de l’Antiquité, mais c’est surtout un guide précieux pour comprendre notre propre quête d’équilibre.
Un amour divin
Eros le désir, et Psyché l’âme étaient-ils destinés à être ensemble. Deux beautés, deux amoureux de l’amour eux-même mais l’un destiné à l’offrir aux autres et la seconde trop belle pour y avoir droit.
Ensemble ils vont affronter les interdits, les jalousies, les Dieux et les mortels, l’enfer et les cieux pour arriver à atteindre ce que l’amour fait de plus beau, de plus sacré.

Eros, l’élan du Désir

Eros est un mystère. Dans le Banquet de Platon, on dira de lui qu’il est le fils de Pénia (la pauvreté) et de Poros (l’oppulence), mais il est plus communément connu comme étant le fils d’Aphrodite, déesse de l’Amour et de la Beauté, et de Arès, Dieu de la Guerre.
Ainsi, l’amour et la guerre donne naissance…au désir. Tandis qu’Aphrodite incarne l’amour admiré, vu, contemplé, Éros lui incarne une sensation : le vertige, le désir fou des débuts d’une relation. Le regard trouble, l’obsession, c’est lui. Il est l’énergie brute, la passion, la force qui nous pousse vers l’autre et vers la vie.
Il incarne le plaisir des sens, le toucher, le frisson. Il est la part solaire et vibrante de notre existence.
D’un geste il décoche une flèche d’or pour réveiller la passion, l’admiration. Mais gare à vous si vous êtes transpercés d’une flèche de plomb, car Éros révèlera alors le dégout.
Jalouse de la beauté de Psyché, sa mère, Aphrodite ordonne à son fils Éros de transpercer la belle d’une flèche de plomb. Mais lorsqu’Éros se retrouve devant Psyché, il est lui-même subjuguer par sa beauté et finit par se blesser par sa propre flèche en or. Il tombe alors éperdument amoureux de la belle Psyché.
Psyché, une beauté candide
Le Souffle de l’Âme En grec ancien, Psyché signifie « l’âme », mais aussi « le papillon » ou « le souffle de vie ». Elle représente notre part spirituelle, celle qui rêve, qui doute, qui cherche la lumière.
Mortelle, elle est admirée par sa beauté, à tel point que le peuple délaisse le temple d’Aphrodite. Mais sa beauté est aussi un fardeau, trop belle pour être épousée, elle est condamnée à un funeste destin où, dit-on elle devra s’unir à un monstre.
C’est ainsi qu’un jour elle gravit les marches aux portes de la ville et, est emportée par le vent Zéphyr.
Elle arrive dans un palais absolument somptueux, où une voix douce et mélodieuse murmure à son oreille tout la jour durant.
La nuit, elle est rejointe par un amant, doux, bienveillant et passionné. Une seule règle cependant : elle ne doit jamais voir de qui il s’agit.
Psyché est heureuse et comblée, mais esseulée dans cette grande demeure, elle devient curieuse. Cette curiosité est alimentée par la jalousie de ses sœurs qui lui disent que si son prétendu et mystérieux amant ne veut pas se montrer c’est qu’il s’agit surement du monstre auquel elle était promise.

La transgression
Une nuit, alors que la curiosité est trop forte, Psyché se lève et allume une bougie pour regarder qui est ce mystérieux amant auprès duquel elle s’endort chaque nuit. Mais alors que lui apparait la vision d’une beauté divine et non d’un monstre, une goutte de cire tombe sur le corps d’Eros, car il s’agissait bien évidemment de lui. Celui-ci est blessé, il déclare que « sans confiance il n’y a point d’amour » et disparait pour toujours.

Psyché est absolument dévastée, elle vient de perdre l’amour de sa vie et par la même occasion se voit déclenchée la colère d’Aphrodite.
Débute alors sa quête, pour retrouver son amour perdu, elle endure toutes sortes d’épreuves ; trier des grains parmi d’innombrables grains ou encore récupérer de la laine de béliers extrêmement dangeureux.
Dans ses épreuves, Psyché est aidée par le monde invisible. Les dieux murmurent à son oreille, la nature est conciliante. Toutes et tous sont témoins de la persévérance de celle qui lutte, de celle qui aime.
Son épreuve finale est un véritable bras de fer entre elle est Aphrodite. La déesse de la Beauté lui ordonne de descendre aux enfer pour y récolter un morceau de la beauté de Perséphone. Cette dernière déesse des Enfers et également la Déesse du Printemps est du renouveau.
Là encore une voix murmure à son oreille et lui implore de ne surtout pas ouvrir la boite qui contiendra le fameux présent.
Psyché implore, quémande, supplie et finit par obtenir ce qu’elle était venue chercher. Malheureusement la curiosité se réveille à nouveau et Psyché se dit que si elle ouvre la boîte, la beauté de Perséphone lui appartiendra et qu’elle sera à nouveau la plus belle. Ainsi elle espère reconquérir Éros.
Lorsqu’elle ouvre la boite, ce n’est pas la beauté qui s’en échappe, mais la mort elle-même. Psyché tombe alors dans un sommeil éternel.
Au même moment Éros guérit de ses blessures. Il apprend le périple de Psyché et implore Zeus lui-même de la secourir. Zeus, dans un rare élan de bienveillance et témoin de toutes les scènes non seulement réveille Psyché mais lui accorde…l’immortalité.
Ainsi Éros et Psyché sont réunis à jamais.
L’amour et la Volupté
De leur union va naitre un petit être : Volupté
Éros et Psyché incarnent la complétude, sans passion point d’amour, sans âme, point d’élan. Leur contraire est une force, et ils incarnent le fait d’affronter les obstacles, la résilience pour accéder à l’amour suprême.

























